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Des acteurs du territoire en ordre de marche pour réinstaurer la culture pyrotechnique dans le Cher

Entreprises du secteur de l’aéronautique, universitaires, établissements d’enseignement supérieur, institutions et collectivités, armées… Ils étaient plus d’une vingtaine ce 22 septembre pour impulser « le projet Pyro ». Ce projet a germé suite au constat partagé de la situation des compétences pyrotechniques en France, du besoin de formations pour les maintenir et les améliorer, et des difficultés en matière de recrutement…

Réunis dans l’amphithéâtre de la CCI du Cher, industriels, formateurs, experts et institutionnels, se sont fédérés autour de la « culture pyrotechnique » pour essayer d’apporter aux problématiques constatées des actions correctives et des pistes d’amélioration.

« Les hommes de l’art disparaissent… »

La création d’un « Pôle d’Excellence de la Pyrotechnie » n’est pas une utopie. L’histoire de Bourges situe le territoire comme berceau de la pyrotechnie en France : réserves de poudres par Napoléon III, première « École de la Pyrotechnie » créée en 1870, centre de tir du Polygone qui s’étend au Nord-Est de la ville sur plus de 30 km…

Pour Anne-Lucie CLAUSSE, Directrice de HUB TECH CvL (plateforme de mise en relation des acteurs du développement sur le territoire régional) et initiatrice du projet : « Les compétences pyrotechniques s’éteignent en France. Non seulement, la mémoire des expertises n’a pas ou peu été conservée, mais les hommes de l’art disparaissent… Il est urgent de se saisir du problème avant qu’il ne soit trop tard ! ».

Un premier état des lieux qui confirme les besoins et les attentes

Gérard FRUT de l’AF3P (association des spécialistes en produits explosifs et en pyrotechnie) et Lionel HAIRAULT, Président du GTPS (groupe de travail de pyrotechnie) ont sollicité les entreprises et les écoles membres de leurs structures pour faire un premier état des lieux. Ils reconnaissent avoir des besoins sur des compétences génériques mais aussi sur des compétences spécifiques notamment pour les opérateurs. Pour les membres, des formations de base seraient aussi nécessaires, par exemple pour les intérimaires. Ils sont majoritairement intéressés par l’initiative et la démarche et certains ont déjà identifié en interne des interlocuteurs dédiés, prêts à participer. Certaines écoles sont même favorables à dispenser des cours dans ce domaine d’expertise et montrer concrètement ce qu’il se passe sur le terrain.

Aujourd’hui on ne forme plus qu’à la juste adaptation aux postes et les cursus classiques ont disparu. Or, une nouvelle réglementation datant de 2013 oblige à la formation pointue des techniciens et des encadrants à la pyrotechnie.

Une conjonction d’expertises propice

Alors que faire, nous qui avons une certaine légitimité et encore quelques expertises ? La CCI du Cher se dit prête à appuyer la démarche au titre de la formation des entreprises et d’être l’interface de celles qui cherchent à se développer. Le CID (Centre de ressources des Industries de la Défense) y voit une cohérence dans sa démarche de connecter les acteurs de la défense sur le territoire du Berry, l’INSA Centre – Val de Loire défend l’idée de ramener les compétences au sein d’une thématique de territoire et de l’école…

Il est flagrant que, dans le département, il y a une conjonction propice d’expertises et que les acteurs concernés ont un rôle à jouer dans le projet. Au-delà d’une éventuelle offre de formation adaptée, les présents reconnaissent un manque d’attractivité de la filière et une forte confusion des activités liées à ce domaine qu’il faudra, bien évidemment, prendre en compte.

Une étude chiffrée pour avancer

L’étape suivante de ce groupe de réflexion passera par une étude chiffrée, une cartographie affinée des besoins, d’aujourd’hui et de demain, des entreprises pour bâtir des formations pertinentes et efficaces.

Le groupe se réunira à nouveau, mi-novembre prochain, pour continuer les échanges et faire progresser le projet. Viendra ensuite la question du porteur de projet… En attendant, HUB TECH CvL ouvrira gratuitement sa plateforme pour poursuivre ces échanges. Une solution d’attente avec espace privé, dédié uniquement au collectif. Gérard FRUT et Lionel HAIRAULT continuent en parallèle de solliciter leurs adhérents pour un panorama plus détaillé des besoins.

Tous ces acteurs du département sont unanimes quant à l’intérêt d’impulser un tel projet. Pour Patrick BARNIER, Vice-Président “Enseignement supérieur, Recherches et Transferts de technologies” à Bourges Plus et Vice-Président « Enseignement supérieur, de la formation professionnelle, de la recherche » au Conseil départemental : « Il en va de la défense du patrimoine scientifique et industriel du Cher dans ce domaine. Il faut maintenant se projeter vers l’avenir et réfléchir collectivement pour trouver la bonne formule pour ancrer cette activité dans le bassin d’emploi et lui rendre ses lettres de noblesse. »

Jennifer ROUMET pour HUB TECH CvL

HUBTECH CvL est une plateforme collaborative territoriale numérique du Cher (18). Tiers-lieu virtuel, elle démontre plus que jamais son utilité de lien territorial et social.

Commentaires 1

  1. Anne Lucie CLAUSSE

    Immense fierté de participer au lancement de cette réflexion! Oui, Bourges a été le centre de formation, conception et expérimentation de la pyrotechnie en France jusque dans les années 2000… ensuite expertises, culture se sont lentement éteintes… jusqu’à ce que le manque de personnes formées dans ces domaines hautement sensibles devienne tellement criant qu’il faille appliquer des mesures correctives… voilà ce qui a motivé la levée de bonnes volontés, leur heureuse fédération à Bourges, pour tenter de sauver le soldat Pyro!

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